Réglage de planeur.

Anecdotes sur les séances de vols de modeles réduits

Réglage de planeur.

Messagede CrocK » 14 Sep 2008, 18:35

Habituellement quand j’écris dans le domaine de l’aéromodélisme c’est pour annoncer la naissance du petit dernier ou le passage rapide d’un état d’aéronef à celui de fagot.
A ce sujet sur le terrain du Bardon on dit : aller au « tas » ; il ne faut pas prononcer le "a" de tas comme un "a"
ordinaire, (comme celui de bateau par exemple) mais il faut s’appliquer à dire "â" comme dans bâche ou mieux pâté.
Plantons le décor :
L’histoire d’aujourd’hui se déroule un mercredi en tout début d’après midi, à la fin du mois de Mars.
Habituellement, le terrain m’est entièrement réservé, je n’ai donc pas besoin de mettre la pince de fréquence, ce jour là nous étions trois.
Pour ne mettre personne dans l’embarras et pour la suite de l’histoire, j’appellerai mes deux compères Bernard T et Laurent C comme cela personne ne pourra les reconnaitre.
L’air est doux et le soleil radieux.
Je viens pour tester les réglages d’un planeur que j’avais malencontreusement abîmé la veille au soir, trop pressé que j’étais de me défouler en rentrant du travail.
J’avais dans l’idée de regarder de très près la commande de profondeur qui, sur ce type de modèle avec stabilisateur en T, est particulièrement sensible et demande un réglage fin.
Bernard T et Laurent C comme à l’accoutumée sont très disponibles à mon égard, ils font le tour des fonctions vitales de l’engin avant de le rendre à la liberté de l’air.
Je prévoyais un premier lancé main pour voir grossièrement si l’oiseau plane, s’il ne se dirige pas trop vite près du sol ou au contraire s’il ne pointe pas son nez vers le ciel.
Pour ce faire, je décide de le lancer moi-même car je sais d’expérience pour en avoir cassé bon nombre que cet exercice n’est pas aussi simple qu’il y paraît :
Il faut courir vite, le bras tendu avec le planeur au dessus de la tête, la propulsion doit se faire dans le prolongement de la course, le planeur doit prendre rapidement sa ligne de vol, surtout ne pas le diriger vers le ciel car c’est le décrochage assuré et le retour au sol avec l’empennage dirigé vers le bas.
Je confie donc la radio à Laurent C en lui recommandant de ne s’occuper que de la profondeur et de ne pas mettre en marche le moteur. Laurent C est un excellent pilote, je lui fais confiance.
Le vent est faible SO les conditions sont bonnes, nous prenons la précaution de dépasser les tables de démarrage pour que l’aventure ne s’arrête pas dans le décorum.
Je cours, je lance, le planeur se comporte bien, stable, le nez comme il faut légèrement vers le bas.
Laurent C, en bon pilote d’avion qu’il est, enclenche le moteur. C’est un planeur, pas un racer, le moteur est mou, la montée laborieuse, il ne faut pas s’attendre à une montée à la verticale.
Je pense que c’est cela qui le dérange notre pilote ; alors il " trime " la profondeur, celle du début qui est chatouilleuse sur les stabilisateurs en T, celle que je voulais vérifier avant de le mettre en l’air.
Le planeur commence par opérer de légères ondulations qui s’accentuent peu à peu. En se rapprochant du sol, les dites ondulations se transforment en rodéo avec dans le rôle du cheval : le planeur et dans le rôle du cavalier : celui dont on doit taire le nom.
La chevauchée, de fantastique qu’elle était, devient héroïque, le pilote agitant les petites manettes en tous sens pour rétablir la trajectoire, pendant ce temps l’entourage s’agite : « Pousse ! Tire ! Pousse Tire ! »
Le planeur est maintenant tout près du sol, la situation est de plus en plus critique, les ondulations sont d’une amplitude moindre mais de plus en plus rapprochées, il survole le tas de pierres. D’instable qu’il était, le voilà indomptable. Rien n’y fait, ni le moteur mi course, ni le moteur plein gaz, ni le moteur arrêté.
Au moment même ou ceux qui criaient un peu plus haut : « Pousse ! Tire ! Pousse Tire ! » cessent de le faire pour se prendre la tête entre les mains et ainsi amortir le bruit du « CRAC !» sinistre, le planeur doucement reprend de l’altitude pendant que le pilote remet tant bien que mal le « trim » à sa place d’origine.
Laurent C me rend la radio : l’essai de profondeur était concluant « le trim » était bien à la bonne place.
Dommage, j’ai manqué de peu le planeur neuf : la prochaine fois je veillerai à inverser les fils de l’empennage avec ceux des ailerons avant de confier ma radio à un bon pilote d’essais.
Décidément, sur ce terrain du Bardon, il se passe toujours des choses extraordinaires.
Didier
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Re: Réglage de planeur.

Messagede pacalou45 » 21 Mar 2020, 21:09

Salut,

En relisant cette description, j'étais mort de rire, ces aventures ne vieillissent pas et le fait de connaître les vrais intervenants à peine masqués, ajoute au...delirium.
Pascal
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